Trois semaines moins un jour : le bilan

Pour une fois, le nouvel article du jour n’aura pas pour objet de présenter du contenu. Place à l’article bilan/analyse.

Trois semaines de classe moins un jour : qu’est-ce qui est en place, qu’est-ce qui est sur le point de l’être, qu’est-ce qui ne fonctionne pas encore ?

Lutin cache

Impossible de faire un bilan de rentrée sans commencer par parler du groupe classe : 26 élèves, 15 garçons et 11 filles.

Une tête de classe de 4 élèves (filles malheureusement. Je dis malheureusement, car je préfère une tête de classe mixte), une dizaine d’élèves moyens, et une douzaine d’élèves en difficulté (voire en grande difficulté).

Un élève est accompagné d’une auxiliaire de vie scolaire à mi-temps, un élève fait l’objet d’un PAI pour une hyperactivité médicamentée, un élève est diagnostiqué hyperactif avec un suivi psy sans médication pour l’instant, un élève est diagnostiqué dyspraxique avec un suivi en psychomotricité et en orthophonie. Voilà pour ceux dont j’ai d’ors et déjà connaissance. Il y a surement d’autres élèves suivis à l’extérieur, et d’autres étaient pris en charge par le RASED l’année dernière.

Autant vous dire que les capacités d’apprentissage et de travail de la classe dans son ensemble sont faibles. Je suis confrontée à des élèves pour la plupart immatures, sans appétence pour les savoirs, passifs, déjà résignés à l’échec.

Tout ça n’est pas très positif comme amorce d’article, j’en suis consciente. Concrètement, voilà comment ça s’est matérialisé sur les 11 premiers jours de classe.

Lutin caché

Ce qui est en place et à peu près opérationnel.

Les classeurs et cahiers sont distribués et utilisés. Les règles de présentation et d’utilisation sont explicitées et intégrées (même s’il faut encore systématiquement les redire à chaque utilisation d’un support).

Cette année, j’ai passé plus de temps que d’ordinaire à expliquer comment noter les devoirs dans l’agenda, et ça porte ses fruits. La projection des devoirs via des diapositives powerpoint fonctionne bien ; je suis contente de cette nouveauté de la rentrée (il faudra que j’écrive un article pour vous présenter ce nouvel outil).

Les élèves ont trouvé leur place dans la classe (enfin, je l’ai trouvée pour eux), ce qui génère une bonne dynamique de groupe pendant les échanges collectifs. Ils ne rechignent pas à s’entraider pour préciser des consignes, rappeler les règles de présentation, ce qui est plutôt positif. Par contre, ils ne s’écoutent pas du tout : gros travail à mener sur ce point en perspective…

Mes exigences concernant l’attitude en classe portent leurs fruits. Moments de relaxation, lecture magistrale au coin regroupement, verbalisation continuelle de mes attentes, tout ça a aidé à poser les élèves, que je sens déjà plus attentifs et concentrés. C’est loin d’être suffisant si on veut travailler au rythme que j’entends fixer, mais c’est déjà pas mal. Les élèves opposants ont intégré mon autorité, même s’ils la testent encore.

Niveau matières, on a correctement avancé en orthographe et en grammaire. Idem en histoire, géographie, sciences et anglais.

Les élèves ont bien accroché au « Chaque jour compte » en maths. Le rebrassage de procédures de base (lecture de grands nombres, pair/impair, double/moitié, suites de nombres, rangement, opérations) est plus qu’opportun. Encore une nouveauté qui fonctionne bien (et également une nouveauté dont il faudra que je parle dans un article).

Toujours en maths, le recours à des diaporamas pour projeter les exercices du Cap maths a permis d’aider les élèves les plus faibles à entrer dans la réflexion mathématique et à mieux appréhender les notions abordées. C’est positif, mais cela demande du temps pour créer ces diaporamas. Pas sûr que je puisse le faire régulièrement toute l’année (je mettrai peut-être en ligne ces diaporamas qui adaptent les pages du manuel Cap maths, je n’ai pas encore décidé).

L’odyssée poétique est lancée. Nous sommes dans la première série de récitations. Comme à l’accoutumée, les élèves sont facilement entrés dans le moule de ce système, ça fait plaisir de voir que ça au moins, ça fonctionne !

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Ce qui est encore chaotique.

L’extrême disparité des profils rend compliqué les séances de maths. Du coup, j’ai opté pour placer les maths durant les deux créneaux où j’ai les élèves en demi-groupes, et j’ai réparti les élèves en deux groupes de niveau. Je fonctionne en ateliers de maths depuis l’année dernière, je vais poursuivre cette année : deux séances de maths sur mes créneaux en demi-groupe, deux séances de maths en ateliers tournants.

Le niveau en copie est catastrophique. Or dans ma classe, on copie beaucoup (exceptées les règles de maths et de français). En plus, il y a une très grande hétérogénéité dans les vitesses de copie, ce qui amène du désordre car il y a un trop grand écart de temps entre les premiers et les derniers. J’ai même dû renoncer à attendre que tous aient fini de copier pour passer à la suite. Il faut impérativement que je remédie à ce problème, et vite.

L’intégration de l’environnement informatique de mon élève dyspraxique est compliquée. J’avance vraiment à l’aveugle quant à savoir comment organiser son travail sur l’ordinateur : définir ce qu’il fait sur clavier par rapport à ce qu’il continue d’écrire, organiser le classement de son travail numérique, mettre en place la liaison entre son ordinateur en classe et son ordinateur à son domicile, lui apprendre les bases de l’informatique (ouverture du bon logiciel, saisie, enregistrement…). Et tout ça tout en faisant la classe. Je vais prendre cet élève deux fois une demi-heure dans le cadre de l’aide personnalisée, on verra si ça permettra d’ alléger mon suivi pendant le temps de la classe.

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Les déceptions

J’ai renoncé à étudier les premières œuvres en histoire de l’art.

Nous avons pris du retard en découverte du monde (une séance prévue ayant pris deux voire trois séances en classe).

Je n’ai pas encore commencé les séances d’écriture (à la manière de l’écriture quotidienne de l’Univers de ma classe, même si j’ai adapté). J’ai pourtant hâte de commencer, parce que cela avait très bien fonctionné l’année dernière.

Ce à quoi je vais réfléchir.

Refondre mes exercices de systématisation en étude de la langue, de façon à les différencier encore plus. Certains élèves sont incapables de se confronter à une présentation classique du style consigne + travail sur le cahier. Je vais donc alléger la charge de travail via des exercices sur fiches.

Pour une meilleure différenciation, je voudrais aussi pouvoir systématiquement prendre un petit groupe pour faire les exercices à l’oral avec moi, pendant que les autres font les mêmes exercices par écrit. Mais je suis trop prise par la gestion de la classe dans son ensemble pour pouvoir me poser avec quelques élèves. J’ai peu d’espoir d’y parvenir dans l’année, hélas.

Mettre en place des activités de copie, pour améliorer la qualité et la vitesse.

Prévoir des exercices d’entrainement dans les matières où les élèves ont à copier des leçons, pour occuper ceux qui copient vite.

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Bilan assez long finalement, et pourtant j’en aurais encore autant à écrire… Dans l’ensemble, et comme prévu, la classe va être compliquée à gérer. Fatigue et stress seront au rendez-vous tout au long de l’année. Bref, rien de nouveau par rapport à ces dernières années, malheureusement.

L’Univers de ma classe a aussi rédigé son bilan de rentrée. Vous pouvez le découvrir sur son site.

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13 commentaires

  1. En lisant ton article, je me rends compte que j’ai deux classes super car je n’ai pas, cette année, à gérer ce genre de problèmes (comportement, envie de travailler…) J’ai bien sûr quelques élèves en difficulté mais ce n’est rien par rapport à ce que tu décris. C’est sûr, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et les conditions de travail ne sont pas les mêmes partout.
    Je te souhaite tout plein de courage pour cette année qui s’annonce difficile pour toi.

  2. Bonjour,
    Très intéressant ce bilan !
    Juste une remarque à propos des diaporamas CapMaths. Pourquoi en faire ? ajoutes-tu des manipulations possibles ou autre chose ?
    J’utilise CapMaths également et avec le visio projecteur aussi. Je ne sais pas comment je pourrais m’en passer maintenant.
    Je ne fais pas de diaporama, j’affiche directement le pdf du guide du maitre à l’écran. En agrandi. Les élèves ne voient que la situation de recherche si on est en recherche ou que les exercices lorsqu’on travaille sur les exercices. Je peux écrire ou dessiner éventuellement avec le TBI. Je trouve ça très bien.

    A bientôt.

    MP

    1. Author

      Bonjour MP,
      Jusqu’à présent, je faisais comme toi : je vidéoprojetais la situation de recherche, puis les exercices.
      Le fait d’utiliser le vidéoprojecteur est en soi un facteur d’attention pour les élèves. Au lien d’avoir leur tête penchée sur leur manuel (avec risque de faire autre chose de plus attrayant sur leur table…), ils ont tous le regard orienté sur l’écran.

      Mais cette année, j’ai senti que même la projection ne suffirait pas à les centrer sur la tâche. J’ai donc animé les diaporamas des situations de recherche. Powerpoint permet d’ajouter plein d’animations pour rendre dynamiques les diapositives. Ce faisant, j’accompagne à l’écran la réflexion mathématique des élèves.

      En décrivant comme ça mon fonctionnement, je me rends compte que c’est abstrait. Je ferai un article pour poster mes premiers diaporamas. Mais je ne pense pas les mettre tous en ligne, vu qu’il s’agit seulement d’une adaptation de la méthode.

  3. Bonjour, j’ai le même pb que toi pour la copie, c’est désespérant et comme toi à part en français et en maths tout doit être copié! Du coup, je me dis que ça va être impossible surtout en histoire et en géo où mes traces écrites sont très longues! Comment vas-tu palier à ça? Je n’arrive pas à gérer, je me sers des rares récrés où je ne suis pas de service pour qu’ils continuent mais c’est toujours un problème.

    Pour l’étude de la langue c’est pareil, élèves très en difficultés qui mettent des heures et qui ne réussissent pas forcément. J’essaye de les aider individuellement à l’oral mais…je sais pas comment gérer.

    1. Author

      Bonjour theoboulo,
      Je suis contente de te revoir sur mon blog 🙂

      Pour la copie, je ne garde jamais pendant les temps de récréation les élèves qui n’ont pas fini. Déjà je suis de service une récréation sur 2, ou le matin ou l’après-midi. Quant à la récréation où je ne suis pas de surveillance, je tiens à me poser 10 min dans le canapé dans la salle des maitres (ça, c’est la situation idéale) ou alors je remonte en classe (au 3e étage – et ce sont des étages d’école parisienne !) pour faire 2 ou 3 trucs. Donc je ne peux pas garder les élèves pour qu’ils avancent.

      Je photocopie la leçon copiée dans le cahier d’un élève qui n’écrit pas trop mal. Je distribue la photocopie aux élèves qui n’ont pas fini de copier, et ils doivent le faire comme devoirs. Ce sont d’ailleurs les seuls devoirs écrits qu’ils sont susceptibles d’avoir dans ma classe.

      Pour la différenciation en étude de la langue, j’ai quelques pistes, que je mets en place ponctuellement :
      – prendre les 4 ou 5 élèves les plus en difficulté avec moi, pour qu’ils fassent les exercices à l’oral, pendant que les autres travaillent à l’écrit. Cela permet à ces élèves d'”entendre” le phénomène grammatical étudié, ce qui leur est d’une grande aide pour le comprendre.
      – préparer des fiches d’exercices différenciées, en allant du texte à trous à l’écriture complet de l’exercice, en variant les consignes, en indiquant ou pas les astuces pour réussir l’exercice, en mettant ou non des exemples… Histoire de s’adapter aux différences de rythmes de travail ou de niveaux.
      – fonctionner sous forme de plan de travail, ponctuellement pour la notion en cours, par exemple sur une semaine. Ce qui permet de différencier le rythme de travail, de donner aux élèves des fiches d’exercices différenciées et de prendre des élèves pendant que les autres travaillent en autonomie sur leur propre plan de travail.

      Ceci étant, tout cela est très beau sur le papier (euh, sur l’écran). Mais dans la pratique, il y a deux écueils difficiles à contourner :
      – cela demande un travail conséquent de préparation en amont, puisqu’il faut préparer des fiches différenciées
      – cette organisation nécessite qu’une grande partie de la classe soit capable de travailler en autonomie (avec tout ce que ça implique : comprendre seul le travail à faire, rester concentré sur son travail, ne pas se disperser…)

      Dans mon école, ces deux écueils ne sont pas contournables. Donc pour l’instant, impossible pour moi de différencier de cette façon.

  4. Effectivement en pratique tout est toujours bien différent…Je retiens l’idée de la photocopie de leçon. Ce sera forcément toujours pour les mêmes, je me demande si les parents ne vont pas réagir..?
    Tu vas mettre en place des activités de copie sur le temps de classe ou en aide perso? Je vais travailler la lecture en aide perso car énormément de difficultés pour certains et la numération donc du coup, pas la place pour ça et sur le temps de classe, c’est même pas envisageable déjà que certaines matières sautent…A moins que je fasse ça en aide perso à partir de la Toussaint. Je sais pas.
    Tu vas faire quoi dans ces ateliers?

    1. Author

      Si l’élève ne fait pas sa copie de leçon à la maison, il la fera en classe pendant que les autres font autre chose. Personnellement, je trouve préférable de donner la leçon à copier à la maison plutôt que de garder l’élève pendant la récréation. D’une part j’ai besoin de ma récréation pour souffler et ne plus avoir mes élèves sous les yeux quelques minutes (quand je ne suis pas de surveillance). D’autre part mes élèves ont absolument besoin de leur récréation, ou alors je peux dire adieu au travail pour le reste de la demi-journée. Le cas ne s’est pas présenté, mais c’est ce que j’expliquerais à des parents qui viendraient se plaindre. En l’occurrence, les parents sont plutôt navrés et inquiets de constater que leur enfant ne parvient pas à copier correctement ses leçons ; ils comprennent qu’il y a un malaise, si j’en suis à lui donner la photocopie d’un camarade. Donc je pense au contraire que c’est une façon adroite d’envoyer un message aussi bien à l’élève qu’à ses parents : “il y a un problème en classe puisque le camarade a eu le temps de copier et pas toi.”

      Je compte mettre en place des activités de copie dans le temps de classe, du genre un rituel de 10 minutes chrono. Je n’ai pas encore réfléchi au dispositif.
      Je prends les élèves dont l’écriture est catastrophique durant la première période d’aide personnalisée, pour reprendre les graphies de toutes les lettres (une de mes séances d’aide personnalisée sera consacrée à cette remédiation du geste graphique).

  5. Tu vois moi c’est le contraire…Ils veulent rester en classe pendant la récréation pour finir. Je suis presque obligée de les mettre dehors 🙂
    Merci pour toutes ces précisions Anyssa! Ca fait du bien de voir qu’on est pas seule à avoir des problèmes. Bon dimanche.

    1. Author

      Merci à toi pour ton article qui m’a donné envie de rédiger le mien !

  6. Bon,ben moi je le trouve hyper positif ton article!! Parce que je me sens beaucoup, beaucoup moins seule!!! J’ai l’impression que nous avons le même profil de public (je suis en Guyane) et c’est pourquoi j’adore ton travail!! Il est recherché, judicieux, interessant et adapté à des CM1 qui n’en ont pas vraiment le niveau! pour l’instant à peu près tout ce que j’ai mené en classe, issu de ton travail, a très bien fonctionné! merci merci merci et surtout bon courage!!

    1. Author

      Voilà un commentaire qui donne le sourire ! Merci Kaki pour ce témoignage. J’aime l’idée que des petits Guyanais partagent les mêmes ressources pédagogiques que mes Parisiens.

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